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    arkan86
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      (cet article n’a qu’une valeur informative et ne remplacera jamais les recommandations d’un spécialiste en cas de doute consultez un médecin)

      La prophylaxie pré-exposition (PrEP) est une stratégie de prévention du VIH.
      C’est l’acronyme de l’anglais Pre-Exposure Prophylaxis (Prophylaxie = éviter une infection).
      C’est un outil préventif qui permet à une personne séronégative exposée au VIH de se protéger en prenant un traitement antirétroviral.

      Plusieurs études ont ainsi montré l’efficacité du médicament « Truvada » (ou de ses génériques), une combinaison de deux molécules (l’emtricitabine et le ténofovir disoproxil) capables d’empêcher l’infection des cellules par le VIH. La France est le premier pays d’Europe à en rembourser son usage dans le cadre de la PrEP et il est à l’heure actuelle le seul médicament (avec ses génériques) autorisé.

      En cas de couverture élevée, c’est-à-dire un bon niveau d’observance et pas de coupures dans la prescription, l’efficacité de la PrEP est de 93%.
      Si on exclut les périodes d’arrêts de la PrEP, son efficacité est de 86%.
      La Prep s’adresse aux personnes qui n’ont pas le VIH, et consiste à prendre un médicament afin d’éviter de se contaminer.
      De nouvelles molécules et de nouveaux modes d’administration sont à l’essai (injection intramusculaire, implant sous-cutané).

      Deux modalités de traitement sont recommandées en France :

      • Un traitement continu, avec la prise quotidienne d’un comprimé quotidien de Truvada ou de son générique
      • Un traitement « à la demande », avec la prise de quatre comprimés de Truvada ou de son générique avant et après un rapport sexuel à risque (2 comprimés entre 24h et 2h précédant l’acte sexuel, puis 1 comprimé 24h et un autre 48h après la première prise).
      Ce schéma n’est pas applicable, pour des raisons physiologiques, aux femmes qui souhaiteraient prendre la PrEP.

      La prescription de ce traitement s’effectue selon la procédure suivante :

      1. Une première consultation (visite médicale globale incluant la détection de signes cliniques de primo infection à VIH ; entretien de conseils ; prélèvement sanguin pour VIH/VHB/VHC/fonction rénale/IST).
      2. Une deuxième consultation, idéalement 2 à 4 semaines plus tard (nouvelle détection d’éventuels signes cliniques de primo infection à VIH ; conclusions sur le premier bilan biologique ; nouveau test VIH) avec première prescription de PrEP.
      3. Avec l’ordonnance vous pourrez ensuite vous rendre dans n’importe quelle pharmacie.
      4. Une surveillance trimestrielle, incluant un dépistage du VIH, des hépatites et de la syphilis, et une surveillance du fonctionnement rénal. Ce rendez-vous trimestriel est également le moment de renouveler l’ordonnance.
      5. Il va de soi que durant ces phases il vaut mieux éviter tout risque afin d’obtenir un résultat cohérent.

      Les effets indésirables et interactions

      La prise d’emtricitabine / ténofovir disoproxil pour réduire le risque de contracter le VIH est très bien tolérée. Mais comme la plupart des médicaments, elle peut parfois occasionner des effets indésirables.
      Seule 1 personne sur 10 déclare éprouver de légères nausées, diarrhées ou maux de tête lors des premières semaines de traitement.
      Des effets secondaires plus sérieux, liés à des problèmes rénaux, sont exceptionnels. S’ils se produisent, ils sont réversibles à l’arrêt du traitement. C’est pourquoi une surveillance de la fonction rénale est incluse dans le suivi de la PrEP.

      Lorsqu’on prend la PrEP, il est déconseillé de consommer régulièrement des médicaments toxiques pour les reins comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens par voie orale (Ibuprofène, Voltarène, Indocid, etc.).
      Il faut également éviter de consommer, deux heures avant et deux heures après ses prises de PrEP, des produits tels que le psyllium, le charbon actif ou des pansements gastriques, car ils risquent d’empêcher la bonne assimilation des médicaments.

      En revanche, l’emtricitabine / ténofovir disoproxil n’a pas d’interaction connue avec l’alcool ou les drogues récréatives, ni avec les traitements contraceptifs ou les antidépresseurs. Il n’y a pas non plus d’effets connus sur la libido et la performance sexuelle.

      Faire reposer sa prévention sur les dires des autres n’est pas une stratégie efficace à titre individuel. Si votre partenaire vous dit être sous PrEP, impossible de savoir si il-elle dit vrai. Le meilleur moyen de se protéger est de se mettre soi-même sous PrEP.

      PREP et TPE
      Il ne faut pas confondre la PrEP avec le Traitement Post-Exposition (TPE) dit aussi « traitement d’urgence » qui doit être pris au plus tard dans les 48 heures après un risque de transmission, puis tous les jours pendant un mois. Si vous êtes sous PrEP, le TPE peut quand même vous être utile si vous n’avez pas pris votre PrEP correctement.

      PREP et TASP
      Il ne faut pas non plus confondre la Prep avec l’effet préventif des traitements qui sont donnés aux personnes vivant avec le VIH, qu’on appelle le TasP (Treatment as Prevention) : sous traitement, la quantité de virus dans l’organisme devient extrêmement faible, on parle de « charge virale indétectable ». Lorsque la charge virale est indétectable et que la personne séropositive continue de prendre son traitement correctement, les études ont démontré que le VIH ne peut plus se transmettre aux partenaires sexuels, même lors de rapports sans préservatif.

      La PrEP protège uniquement contre le VIH

      La PrEP s’accompagne nécessairement d’un suivi médical. Ce suivi trimestriel permet de d’effectuer un dépistages complets des Infections sexuellement transmissibles (IST, contre lesquelles la PrEP ne protège pas tout comme le TPE) mais, également, de contrôler d’éventuels effets secondaires liés à la prise du traitement. A ce jour peu d’effets secondaires ont été observés lors des études sur la PrEP.

      La PrEP vient s’ajouter à une palette d’outils de prévention contre le VIH qui peuvent être utilisés seuls ou combinés. C’est ce qu’on appelle la prévention diversifiée :
      • l’usage de préservatifs internes et externes et de gel lubrifiant ;
      • les dépistages réguliers du VIH (dépistage classique, test rapide ou « Trod », autotest) ;
      • le recours au TPE (traitement post-exposition) en cas d’urgence ;
      • le recours au traitement VIH comme outil de prévention chez le partenaire séropositif (TasP) : charge virale indétectable depuis au moins six mois = pas de cas
      rapporté de transmission au-à la partenaire séronégatif-ve ;
      • l’utilisation de matériel à usage unique lors de la consommation de drogues (injection, sniff, chemsex, slam, etc…)

      Choisir d’utiliser la Prep, tout comme choisir d’utiliser des préservatifs ou d’autres outils, est une décision personnelle. L’important est de trouver la stratégie de prévention qui vous convient le mieux et contribue à votre épanouissement sexuel.

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